Les Canaris sur la fin Arbitrage : Khellifi, Sedrati et Chaâbni. Averts. : Chaâbna et Abdeslam (NAHD). Buts : Belhadj (59’), Berguigua (87’) et Habri (90’) (JSK). JSK : Gaouaoui, Meftah II, Djouder, Meftah I, Harkat (Hebrio), Hamlaoui (Ousselati), Boudjakdji, Yacef (Henani), Belhadj, Oussalah, Berguigua. Entr. : Chay. NAHD : Ousserir, Gana, Amirat, Khedis (Bagamboula), Kabri, Abdeslam, Derradji, Chaâbna (Maouche), Messas (Ouzenadji), Alliche, Cheratia. Entr. : Anghelescu.
Les Kabyles ont eu toutes les peines du monde à rentrer dans le match. Ils ont été surpris, même s’ils s’attendaient quelque peu à cette réaction, du dispositif du NAHD mis en place par Anghelescu. La prestation de l’une comme de l’autre des deux formations était ennuyeuse, particulièrement en première période où seuls deux essais de Hamlaoui (3’ et 33’) avaient l’allure d’éclairs dans cette grisaille. Ce n’est qu’après que Belhadj eut coupé le coup franc à ras de terre de Yacef (59’) pour ouvrir le score que le jeu s’était emballé. Les camarades de Alliche - qui avait failli à la 25’ givrer les gradins bien froids en se retrouvant seul dans les 18 yards - contraints d’ouvrir le jeu ont fini par craquer dans les ultimes instants du match, puisque coup sur coup Ousserir était contraint d’aller chercher le ballon de ses buts suite à des actions rondement menées, dont le pourvoyeur a été le petit rouquin de Ousselati qui a permis à Berguigua d’accompagner une balle qui rentrait de Oussalah (87’) et à Habri de marquer son premier but de la saison dans le temps additionnel.
تفوق عشية أول أمس، فريق شبيبة القبائل على نظيره نصر حسين داي بثلاثية نظيفة في إطار الجولة الـ 17 من البطولة الوطنية - القسم الأول -
الشبيبة، ورغم أن النتيجة تبدو ثقيلة، إلا أنها وجدت صعوبات كبيرة لاختراق دفاع النصرية، حيث انتهى الشوط الأول من اللقاء بنتيجة بيضاء، فلم يسجل فيه أي شيء يذكر، وانتظر الجمهور القليل الذي حضر اللقاء إلى غاية الدقيقة 14 من الشوط الثاني، لما سجل الهدف الأول للكناري عن طريق رضا بلحاج الذي استفاد من مخالفة من تنفيذ حملاوي، ولم يجد صعوبة كبيرة في إسكان الكرة في شباك الحارس أوسرير· دخول كل من العائد أوسلاتي والمهاجم حماني حرك وسط ميدان الشبيبة، وتوالت غارات ذوي الزي الأصفر حتى الدقيقة الأخيرة من اللقاء، حيث ضيع أوسلاتي فرصا من ذهب لتعميق الفارق في الدقيقة 30 قبل أن ينطلق نفس اللاعب من وسط الميدان ويوزع كرة من ذهب للمهاجم أوصالح الذي راوغ الحارس ووزع لبرفيفة أمام شباك فارغ معمقا الفارق وكان ذلك في الدقيقة ,90 نفس السيناريو تكرر في الدقيقة الثانية من الوقت بدل الضائع، جرى في منطقة العمليات ليختتم مهرجان الأهداف بقذفة صاروخية
Le leader a profité des faux pas de l’ASO et de l’USMA.
Journée très intéressante que cette 17e étape du championnat de la division 1 car elle nous a valu quelques résultats pour le moins surprenants qui pourraient avoir leur importance lors du décompte final. On savait, par exemple, que le leader avait la possibilité de se racheter de son échec de Blida de la journée précédente en recevant le NAHD mais pas au point de le voir réussir un coup double, c’est-à-dire en s’éloignant un peu plus de ses poursuivants.
Et comble du paradoxe, la JSK réussit un tel coup après avoir mal joué. Nul ne contestera le fait que le leader n’a pas fait honneur à son rang jeudi après-midi en développant un jeu mièvre et pauvre en imagination offensive. Il est vrai que le NAHD l’a empêché d’évoluer à son aise mais cela ne saurait expliquer que la JSK en soit arrivée à user du pousse-ballon pour gagner. Du reste, il ne faut pas se fier à la lourdeur du score. Les deux derniers buts du leader ont été inscrits dans le temps additionnel à un moment où le NAHD avait lâché prise.
Mais les supporters du club des Canaris se contenteront de ce succès d’autant que ceux qui étaient derrière leur équipe ont, eux, craqué. Le second, d’abord, l’ASO Chlef qui avait, pourtant l’avantage de jouer à domicile et qui a eu, en plus, le privilège d’ouvrir le score par l’entremise de Messaoud. Mais les Chélifiens ont, semble-t-il, perdu la notion de l’offensive par la suite, ce qui a profité à son adversaire bordjien qui a pu égaliser par Derbal. L’ASO reste, certes, à la seconde place du classement général mais avec un retard de 5 points sur la JSK. De son côté, l’USM Alger s’est, elle, inclinée lors de son déplacement constantinois face au CSC local. Le champion, malgré l’ouverture du score par Dziri (6’), n’a rien pu faire pour empêcher le retour d’un Chabab qui en voulait, lui, dont la situation au classement est préoccupante.
Un but de Laâmèche juste avant la mi-temps suivi d’un autre de Djabelkheir à la 70’ l’ont propulsé vers la victoire face à l’USMA. Avec 9 points de retard sur le leader, les Rouge et Noir ont mal préparé le rendez-vous de ce lundi face à ce même leader. D’ailleurs ils ne sont plus troisièmes au classement dépassés qu’ils sont par le PAC et le CRB. Le premier reste dans les dispositions qu’on lui avait connues avant la fin de l’aller. Un but de Djediat, sur penalty et un autre de Touati lui ont permis de boucler par un succès son match face à l’USMB. Quant au CRB, il s’est remis à gagner mais il joue avec le feu. Après avoir mené 2-0 (Nahnah et Amroune), il s’est fait remonter au score par les Biskris ( Khoualed et El Hadi Adel) avant d’inscrire un 3e but définitif et salvateur (Amroune).
Dans l’autre partie du tableau, on a assisté à quelques révolutions, notamment la victoire du CAB chez une USM Annaba qui semble désarçonnée. Cependant, le coup fumant du jour nous est venu du stade du 5-Juillet où le MCO s’est imposé face au MCA. Et dire que le Mouloudia d’Alger a ouvert la marque (Badache). Cela a été insuffisant puisque le Mouloudia d’Oran qui ne veut pas mourir est décidé à se battre pour se sauver. Bien lui en prit car grâce à deux buts signés Boukessassa et Bradja, il a réussi à empocher les trois points. Le MCO est toujours en position de relégable mais il n’est plus dernier (c’est Biskra qui occupe ce poste) et peut envisager l’avenir avec assurance. Ce qui n’est pas le cas de son adversaire du jour qui n’est plus qu’à deux points du premier relégable, l’USMB.
Enfin, on peut dire que l’ESS a perdu gros avec le match nul ramené de Tlemcen. L’équipe sétifienne, qui menait 2-1 (2 buts de Bourahli) après avoir été menée sur une réalisation de Daif, a raté un penalty par Keïta et a fini par se faire rejoindre à la marque sur un but de Benmoussa.
Résultats
USMAn-CAB 1-3
ASO- CABBA 1-1
WAT-ESS 2-2
MCA -MCO 1-2
PAC- USMB 2-0
CRB-USB 3-2
JSK- NAHD 3-0
CSC- USMAl 2-1
La déception était générale dans les vestiaires husseindéens dans la mesure où les Sang et Or auront tenu tête au leader kabyle durant la majeure partie du match avant de s’écrouler lourdement en fin de rencontre. Bien regroupés en défense et visiblement animés du désir de tenir en échec le leader dans son propre fief comme la saison dernière (0-0), les Nahdistes auront longuement contrarié les desseins kabyles à l’issue d’un match de niveau tout juste moyen n’était cette fin de partie euphorique du leader qui finit par briser le rêve de cette coriace formation du NAHD certainement mal récompensée pour tous ses efforts et son abnégation. Après une première mi-temps plutôt terne, où les Canaris butèrent plus d’une fois sur l’imposant bastion défensif d’Hussein Dey, bien articulé autour de la charnière centrale Kabri Khedis, mais se créèrent quelques occasions de but dignes d’intérêt par Hamlaoui (3’ et 25’), Yacef (35’) et Berguigua (37’), alors que le rusé Alliche aurait pu créer la surprise s’il n’avait pas été contré in extremis par Herkat (34’), l’on eut droit finalement à une seconde mi-temps beaucoup plus intéressante. Avides de conforter leur fauteuil de leader, les Canaris accentuèrent leur pression et le revenant Belhadj finira par ouvrir le score en déviant victorieusement au premier poteau un coup franc bien ajusté de Yacef, visiblement soucieux de s’illustrer face à ses ex-coéquipiers (60’). Dès lors, les débats furent plus ouverts dans la mesure où le NAHD sortit de sa réserve pour tenter de niveler la marque, ce qui donna beaucoup plus d’espace à la JSK tout heureuse d’exploiter de grosses brèches dans l’arrière-garde husseindéenne. Certes, le remplaçant Ouznadji avait offert une belle balle d’égalisation à Kabri qui ratait carrément sa reprise de tête dans les “six yards” (67’). Ce tournant du match, le NAHD allait le payer très cher car l’ex-Belouizdadi Ouslati, qui réussit à l’occasion son “baptême kabyle”, alertait dangereusement le gardien Ousserir à deux reprises (84’ et 85’) avant d’offrir la balle du KO magistral au goléador habituel Berguiga (90’). Dès lors, il n’y avait plus de match et ce remplaçant de luxe nommé Habri allait offrir la cerise sur le gâteau en exécutant de fort belle manière l’infortuné Ousserir (90’ + 2’) et permettra ainsi à tous les Canaris d’aller féliciter à la “Bébéto” leur co-équipier modèle, Noureddine Driouèche, qui venait d’apprendre la naissance de son premier nouveau-né. C’est certainement ce nouvel état d’esprit qui galvanise cette saison, cette JSK “version Chay” qui ambitionne tant d’objectifs et de lauriers.
Impressions…
Chay : Le NAHD a toutes les capacités de développer un jeu intéressant et nous a posé de nombreux problèmes. Mais, dites-vous bien que nous étions prévenus et qu’il fallait s’armer de patience pour inscrire notre but libérateur et débloquer ainsi la situation. À un certain moment, nous avons fait rentrer deux joueurs frais pour apporter un peu plus de puissance dans l’entre-jeu et en attaque et cela a fini par être payant.”
Anghelescu : “Je n’ai pas pour habitude de critiquer l’arbitrage, mais l’arbitre d’aujourd’hui est passé complètement à côté de son match. C’est pour manifester mon mécontentement que j’ai quitté le terrain à quelques minutes du coup de sifflet final. Ceci dit, il faut oublier cette défaite et se tourner surtout vers l’avenir.”
Quel lien peut exister entre une boisson gazeuse, l’histoire économique et un symbole national ? L’entreprise Hamoud Boualem peut se targuer, au-delà de relever un défi industriel, de pouvoir donner une dimension triple à un banal soda. Hamoud Boualem, c’est aussi l’histoire de deux familles, celle des Hamoud, bien entendu, mais aussi des Hafiz qui a rejoint l’entreprise dans les années 50 pour ne plus jamais la quitter.
Après avoir subi deux guerres mondiales, une guerre de Libération, une révolution socialiste et dix ans de troubles politiques, Hamoud Boualem, la marque – et non celui qui lui a donné son nom bien entendu – se porte comme un charme.
Aujourd’hui, la relève est assurée et les perspectives sont plus que prometteuses dans un marché où la marque tient une place incontestable.
Mais autant que les perspectives, l’histoire de l’entreprise et son renom sont aussi difficiles à gérer.
A chaque bouteille de limonade ou de jus de fruit qui sort des chaînes, c’est une part de cette histoire d’une passion partagée par les héritiers Hamoud et Hafiz, mais c’est aussi cette même part d’histoire que partagent tous les Algériens qui vouent pour le Hamoud national une affection particulière.
Cette histoire unique en Algérie, c’est un des plus jeunes héritiers Hafiz qui nous la raconte lors d’une interview-reportage sur le site de la plus vieille usine Hamoud Boualem.
Lorsque au milieu du XIXe siècle, Youcef Hamoud, «aromatiseur» de son état comme il en existait beaucoup à l’époque en Algérie, a commencé à fabriquer artisanalement sa limonade à base d’essence de citron dans les faubourgs du quartier Belcourt (aujourd’hui Belouizdad), il ne se doutait certainement pas qu’il allait inscrire le nom de sa famille dans l’histoire de son pays et d’une certaine manière dans l’histoire industrielle de la fin du XIXe siècle.
«C’était un artisan qui distillait les essences à la manière de nos grand-mères», nous explique Farid Hafiz, le directeur du marketing, un des plus jeunes cadres de l’entreprise.
L’entreprise Hamoud vit le jour en 1878, c’est du moins la date qu’oblitère le plus vieux document officiel qui authentifie l’existence de cette fabrique de limonade. «On se réfère à cette date parce que c’est la seule authentifiée», souligne Farid Hafiz.
C’est cette même entreprise qui verra son produit distingué à Paris en 1889, année de l’Exposition universelle à Paris, de l’inauguration de la Tour Effeil, et que l’on retrouve aussi sur l’étiquette jaune de la Hamoud blanche si célèbre.
De toute évidence notre «Hamoud» est née bien avant la célébrissime Coca-Cola* mais vivant une fortune bien différente. La marque n’est pas devenue image du capitalisme mondiale, elle est seulement devenue, malgré elle probablement, un véritable patrimoine historique. Aujourd’hui, dans les locaux de la sarl Hamoud Boualem au 201, rue Hassiba- Benbouali, une affiche orne le mur du bureau de Farid Hafiz. Le slogan qui y est inscrit «128 ans et toutes ses dents». Un «mordant» que l’on veut attribuer à la marque donnée pour morte il y a quelques années.
Effectivement, on suppose que Hamoud Boualem ne s’est réveillée qu’après l’arrivée en Algérie des grandes marques de boissons gazeuses. «En fait, l’arrivée des multinationales marque l’ouverture économique du pays et nous aussi nous n’avons fait qu’être portés par cette vague», nous explique-t-il.
Autrement dit, dans un contexte de concurrence et d’économie de marché, Hamoud Boualem aurait connu un autre sort, peut-être ?
La concurrence ? On connaît déjà
«Dans les années 40, durant la Seconde Guerre mondiale, nous nous sommes retrouvés en concurrence avec les boissons américaines alors que les Alliés avaient débarqué à Alger.
«Là aussi, il fallait faire face et nous n’avons pas été engloutis». Une remarque pertinente qui rappelle que de cette usine, près d’un siècle d’histoire, nous contemple (pardon Napoléon !)
«En fait, Youcef Hamoud malgré ses médailles en était resté à la forme initiale de la fabrication.
C’est son petit-fils, Boualem qui, en 1924, crée la société et dépose la marque Hamoud Boualem et s’installe dans cette usine située dans ce qui fut l’ancienne zone industrielle d’Alger». Effectivement, c’est aux portes d’Alger que fut érigée au XIXe siècle la zone industrielle d’Alger qui longeait la rue de Constantine (rue de Tripoli) et débouchait sur la rue Sadi-Carnot (rue Hassiba-Benbouali) qui était déjà la plus longue rue d’Alger.
C’est sans nostalgie parce que probablement il n’a pas connu cette période faste, ou bien parce qu’elle se conjugue à une façon de faire devenue obsolète devant la rigueur qu’impose la gestion moderne des affaires, que Farid Hafiz nous fait visiter ces lieux pourtant historiques.
Hamoud Boualem, c’est aussi l’histoire d’un site
Passage sous des structures circulaires en béton, «c’était une ancienne brasserie qui avait été rachetée par Hamoud Boualem pour étendre son usine».
Hamoud Boualem était une entreprise en pleine expansion et comptait beaucoup pour des Algériens sous le joug de la colonisation qui voyaient un industriel de chez eux concurrencer sérieusement les petits capitaines de l’industrie colonialiste de l’époque.
Hamoud Boualem doit-elle son succès à sa seule qualité algérienne dans un contexte hostile ?
Le regard réprobateur de Farid Hafiz ne laisse place à aucun doute. «Si c’était un mauvais produit, il n’aurait pas survécu», dira-t-il.
Hamoud Boualem, le personnage aux grandes moustaches en guidon, sera, lui aussi, honoré à Paris dans les années 30, comme le fut son grand-père mais pour une toute autre raison. «Il a participé, avec d’autres, à la construction de la mosquée de Paris», nous explique Farid Hafiz.
L’entreprise continuera à fonctionner jusqu’en 1954 avant le déclenchement de la guerre de Libération où elle sera mise en faillite et rachetée par un consortium de banques. Un des descendants Hamoud voudra la récupérer et fera appel à la famille pour réunir les fonds. «C’est à ce moment que les Hafiz, qui étaient alliés au Hamoud, entreront dans l’entreprise.»
Lourd héritage
Aujourd’hui, les Hafiz comme les Hamoud font partie du staff de l’entreprise pour mieux veiller au fonctionnement du patrimoine familial. Reda Hamoud en est le directeur général, Mustapha Hamoud le directeur industriel et Farid Hafiz le directeur marketing.
Ces dirigeants d’entreprise, qui surveillent une courbe ascendante, n’en étaient pas là il y à moins de dix ans.
L’entreprise aura survécu à la vague des nationalisations tout en maintenant sa réputation et la qualité de son produit. «Nous avons bénéficié, avec d’autres, d’une sorte de grâce, et il est certain que les pouvoirs publics savaient que l’on ne pouvait pas connaître d’essor dans un contexte où les entreprises privées devaient adopter profil bas pour espérer survivre». A l’époque, les entreprises devaient se plier au monopole et ne pouvaient s’approvisionner qu’auprès des fournisseurs publics. «Même le modèle de bouteille était normalisé et ne permettait pas de se distinguer par rapport aux autres limonades si ce n’est par la seule étiquette».
L’usine de la rue Hassiba raconte à sa manière cette nationalisation. Une des bâtisses, qui était en fait une fabrique de pâtes alimentaires dépendant de l’usine, avait été nationalisée et les héritiers Hamoud et Hafiz n’avaient plus accès à cet endroit.
Mais comment l’autre partie du site a échappé à la nationalisation ? On suppose que les décideurs de l’époque savaient que la qualité du produit serait perdue si les héritiers ne veillaient pas à la préserver, c’est du moins la thèse de notre accompagnateur. Il faudrait peut-être supposer aussi que parmi la classe dirigeante de l’époque, il y avait certainement des amateurs de limonade Hamoud Boualem qui n’auraient pas supporté de voir le Selecto produit par une quelconque «Sonagazouz» !
A la fin des années 70, la production minimaliste (il y avait pénurie de Hamoud et de Selecto comme il y’en avait pour le sucre, le café ou les œufs) permettait à peine de tenir la route. Réda Hamoud, qui avait pris la relève de son père décédé, venait à peine de terminer ses études de droit et achevait son service national.
«Il n’avait pas d’autre choix que de reprendre le flambeau malgré les difficultés et les limites d’un système économique», indique Farid Hafiz.
Aujourd’hui, la bâtisse nationalisée a été restituée et l’usine de pâtes vidée de ses équipements est à l’arrêt depuis des années. «De toute façon, nous ne pouvons plus équiper cet espace, nous sommes au maximum de nos possibilités pour le mouvement des camions et le stockage.» Les lieux sont lamentablement vides en attendant de leur trouver une vocation. Un musée Hamoud Boualem peut-être ? «Il existe déjà», indique, souriant, Farid. Mustapha Hamoud a consacré un étage de sa villa pour recueillir tout ce qu’il a pu trouver qui puisse rappeler la longue histoire de la marque, l’entreprise, les ancêtres. On y trouve un bric-à-brac de foire du trône. Anciens siphons à eau gazeuse (les bouteilles avec bouchon spécial pour servir le liquide sous pression), veilles affiches, étiquettes, photographies anciennes. Un musée dont la collection a permis de réaliser des photographies qui illustrent le site internet de Hamoud Boualem et également cet article !
A. E.
*John Styth Pemberton, le pharmacien d’Atlanta en Géorgie, a inventé sa boisson par hasard en 1886 en voulant créer une boisson désaltérante.
Qu’est-ce que Hamoud Boualem aujourd’hui ?
Sur un marché en pleine expansion, la plus vieille boisson algérienne se taille au moins 20% des parts du marché des sodas. «On doit réaliser au moins 60% du marché au Centre où nous sommes le mieux implantés.» Deux nouvelles usines vont être ouvertes dans les prochains mois, une à Oran, à Oued Tlelat, et une autre à Chelghoum Laïd, dans la wilaya de Mila.
Sur le seul site de la rue Hassiba-Ben Bouali, où sont employées 400 personnes, trois unités tournent à plein régime. «Nous sommes au mois de janvier et les camions ne cessent pas de charger et de décharger.» Les chaînes tournent pratiquement 24 heures sur 24. La plus récente unité des bouteilles de 25 cl fait 30 000 bouteilles/heure, changeant les contenus en permanence. Cette incessante rotation, les quantités industrielles de bouteilles en verre, de papier pour les étiquettes (celles qu’on décolle et que l’on colle), les tonnes d’eau pour laver, pour remplir, tournent dans un espace d’une propreté exemplaire.
La recette du Selecto
C’est à la rue Hassiba-Ben Bouali que l’on prépare également les sirops qui, dilués et ajoutés de gaz carbonique, deviennent les limonades connues.
Dans des laboratoires totalement stérilisés, où l’entrée est soigneusement réglementée, se concocte ce qui fait la réputation de qualité et de goût des produits Hamoud Boualem. Farid Hafiz ne nous y emmènera pas. «Il faut nettoyer ses chaussures, mettre des combinaisons stériles… c’est pour cela que j’évite de d’aller là-bas», explique-t-il. Une explication qui évite aussi aux curieux de se pencher plus sur un secret soigneusement gardé depuis plus d’un siècle. Une grande marque ça possède aussi ses mythes. Deux autres sites de fabrication existent, celui de Meftah dépendant de Hamoud Boualem et une autre unité appartenant aux Hafiz. Ils fournissent aussi de la limonade pour le Centre, alors que pour les distances éloignées, on préfère envoyer du PET qui se fait rare sur le marché. «Le verre voyage mal», nous explique Farid Hafiz et l’unité de PET (bouteilles en plastique) a du mal à faire face à une demande croissante malgré un rythme soutenu de 14 000 bouteilles par heure.Les limonades Hamoud Boualem sont fabriquées sous licence en France par la société Source Parot et sont exportées au Canada et en Grand-Bretagne.
A. E.
Les perspectives
«Nous voulons devenir une entreprise qui sera à la hauteur des ambitions de l’actuelle Hamoud Boualem, dans une économie ouverte.» Malgré un capital important, Hamoud Boualem est restée une sarl. L’entreprise est en cours de certification, et on imagine sa mue en SPA ou en société anonyme. Mais est-ce qu’on ne risque pas de voir l’esprit familial faire ainsi disparaître les qualités de cette entreprise ? Pour Farid Hafiz, il n’y a pas de craintes à avoir car les héritiers seront toujours, en définitive, seuls maîtres des décisions car étant trop imprégnés de l’esprit de cette entreprise pour voir leur échapper son contrôle. «Dans la famille, nous sommes comme Obélix, nous sommes tombés dedans à la naissance.» Pour lui, «il faut être de son temps sans perdre de vue l’histoire et l’identité», explique le directeur de marketing de Hamoud Boualem. Quant à voir le produit changer ou perdre de sa qualité dans un contexte industriel forcené :
«Pas seulement la famille, nous sommes tous, je veux dire tous les Algériens, les gardiens de cette qualité et de cette image. Si la qualité se perd, nous perdons notre âme.»
Les produits célèbres
- Hamoud, la limonade incolore rafraîchissante est le plus ancien produit dont la marque a été déposée en 1889.
- Le Selecto, ce soda noir comme son concurrent américain mais au goût de pomme si particulier, s’appelait au début du XXe siècle Victoria avant de devenir le Selecto de Hamoud Boualem.
- Slim, le citron qui prime, une boisson qui date des années 50 et qui s’est déclinée sous d’autres parfums et d’autres goûts.
- Slim Orange était le fameux Crush, une marque achetée par Hamoud Boualem à Schweppes avant de s’en défaire dans les années 90.
A. E.
Les grandes réussites
Nous continuons cette semaine la série de portraits un peu particulière pour la presse algérienne, dans la mesure où nous essayons de rompre avec une longue tradition populiste qui a pendant longtemps considéré les privés algériens comme des exploiteurs sans foi ni loi, tout juste intéressés par le gain facile et rapide. Si quelques-uns le sont effectivement, beaucoup d’autres patrons d’industries sont à l’exact opposés de cette triste légende, et méritent mieux que les jugements lapidaires émis autour d’une table du café du commerce.
Nos reporters ont alors fait leur travail et sont partis à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont pris des risques insensés, déployé des efforts titanesques et assumé de lourdes responsabilités pour faire naître et prospérer des entreprises performantes. Certains d’entre-eux comme les Rebrab, les Lounis Khodja, les Omar Ramdane, les Chaâbani, les Hamiani, les Rahim et bien d’autres encore ont bâti de véritables empires industriels et commerciaux au milieu de l’hostilité et de l’incompréhension de la société et de l’Etat. Le trente-deuxième volet de cette saga un peu exceptionnelle est consacré à Hamoud Boualem, à sa famille
et sa réussite en Algérie
